CH Simone Veil - Standart
 
 
Hommage à Madame Simone Veil

Ancienne ministre de Valéry Giscard d’Estaing, Simone Veil est devenue une figure des droits de la femme après l’adoption, en 1975, de l’interruption volontaire de grossesse (IVG).

Simone Veil avait donné son nom au Groupement Hospitalier Eaubonne – Montmorency le 1er février 2002 et nous avait depuis fait l’honneur de sa présence à plusieurs reprises.

Lors de l’une de ces dernières venues,  elle disait de notre hôpital  « Pour moi, vous êtes une collectivité solidaire, qui travaillez ensemble dans un état d'esprit qui permet à l'hôpital de fonctionner dans les meilleures conditions […] j’aime à considérer que vous apportez le meilleur de vous-même, le meilleur de vous-même par rapport à vos fonctions, vos responsabilités, le meilleur de vous-même aussi, par le cœur. »

Toute notre communauté hospitalière tient à lui rendre hommage.

Née en 1927, Simone  Veil, née Jacob,  a 16 ans lorsqu’elle est arrêtée, parce que juive, par la Gestapo à Nice le 30 mars 1944.

Elle sera déportée avec sa sœur et sa mère, à Drancy puis à Auschwitz.  Son autre sœur  avait elle-même été déportée en tant que résistante à Ravensbrück. Son père et son frère disparaîtront a en Lituanie.

Simone Veil et sa sœur ne devront leur survie qu'au fait d'avoir été employées pour les usines Siemens à Bobrek. Leur mère, atteinte du typhus, décédera le 15 mars à Bergen-Belsen où elles furent transférées devant l'avancée soviétique.

De retour en France, Simone Jacob ressentira «un ostracisme diffus qui ne disait pas son nom...», écrit-elle, 60 ans plus tard, dans son autobiographie Une Vie. «Nous n'étions que des victimes honteuses, des animaux tatoués. Il nous faut donc vivre avec ça.» «Beaucoup de nos compatriotes voulaient à tout prix oublier ce à quoi nous ne pouvions nous arracher... Nous souhaitions parler mais on ne voulait pas nous écouter», note-t-elle en évoquant son retour de déportation avec sa sœur Milou. «En revanche Denise, rentrée un peu avant nous avec l'auréole de la Résistance, était invitée à faire des conférences.»

Après l'élection de Valéry Giscard d'Estaing à la présidence de la République, elle est nommée ministre de la Santé dans le gouvernement Jacques Chirac, poste qu'elle conserve sous les gouvernements Raymond Barre.

Elle est chargée de présenter au Parlement le projet de loi sur l'interruption volontaire de grossesse (IVG), qui dépénalise l'avortement. Ce combat qu’elle mène avec courage et détermination, lui vaut des attaques et des menaces de la part de l'extrême droite et d'une partie de la droite parlementaire, comme l'a rappelé Jean d'Ormesson en l'accueillant à l'Académie française. Dans un discours devant les députés, elle soutient que « l'avortement doit rester l'exception, l'ultime recours pour des situations sans issue ».

Le texte est finalement adopté à l'Assemblée nationale le 29 novembre 1974, les députés de droite comme de gauche, venant à la rescousse des députés centristes favorables à la loi mais non majoritaires à l'Assemblée dans ce cas précis. La loi est ensuite adoptée au Sénat, deux semaines plus tard. Elle entre en vigueur le 17 janvier 1975.

Avec le féminisme, l'Europe, et plus généralement la paix, aura été la grande cause de la vie de Simone Veil, devenue la première présidente du nouveau Parlement européen, en 1979. Son combat pour la paix en Europe a été nourri par son histoire de déportée, tout comme son travail en faveur de la mémoire de la Shoah.

Comme beaucoup d'anciens déportés, avant que les derniers survivants ne disparaissent, Simone Veil avait décidé de témoigner devant les nouvelles générations. En 2000, le premier ministre de l'époque, Lionel Jospin, la désigne d'ailleurs pour présider la Fondation pour la mémoire de la Shoah tout juste créée. «Comme tous mes camarades, je considère comme un devoir d'expliquer inlassablement aux jeunes générations, aux opinions publiques et aux responsables politiques comment sont morts six millions de femmes et d'hommes dont un million et demi d'enfants, simplement parce qu'ils étaient nés juifs», expliquait-elle devant l'Assemblée générale de l'ONU en 2007. «Pour les anciens déportés que nous sommes, il n'y a pas de jours où nous ne pensions à la Shoah», rappelait Simone Veil.

En 2002, à la demande de M.Petit, Maire d’Eaubonne et Président du Conseil d’Administration du Groupement Hospitalier Eaubonne Montmorency, Simone Veil accepte de donner son nom à notre établissement. La communauté hospitalière gardera en mémoire le souvenir de cette femme courageuse et déterminée, et de ses combats menés jusqu’au bout au nom de la liberté et de la dignité humaine.

Ajouté le 04/07/2017 à 18:02
 
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