Activités physiques adaptées, la santé par le sport

HÔPITAL

Longtemps réservées aux personnes en bonne santé, les activités physiques et sportives s’imposent de plus en plus dans la prise en charge médicale des patients. À l’Hôpital Simone Veil, de plus en plus de services font désormais appel aux Enseignants en Activité Physique Adaptée (EAPA) du service de médecine physique et rééducative.

On le sait aujourd’hui, la pratique d’une activité physique régulière présente de nombreux bienfaits, y compris pour les malades. Outre éviter les complications, elle permet de réduire l’intensité des traitements médicamenteux et contribue à améliorer ou maintenir l’état de forme. Pour autant, dans le cas de patients souffrant de troubles fonctionnels et métaboliques, de troubles sensoriels et moteurs, de troubles du comportement et de la personnalité, de déficiences intellectuelles, d’inadaptation sociale, de troubles liés au vieillissement ou de maladies chroniques, il est indispensable d’adapter l’activité à leurs situations physiques et psychiques. C’est la mission confiée aux 4 enseignants en activité physique adaptée (EAPA) du service de médecine physique et rééducative de l’hôpital Simone Veil.

Approche globale

Formés aux STAPS (sciences et techniques des activités physiques et sportives), ils encadrent au quotidien des séances d’activités physiques sportives pour des personnes ayant des besoins spécifiques (personnes handicapées, malades chroniques, en difficulté sociale, et seniors), dans des buts de prévention, de réadaptation, de réhabilitation, de réinsertion, d’éducation et/ou de participation sociale. « Notre mission repose sur une approche globale tenant compte à la fois de la situation et de la pathologie du patient mais aussi de ses envies », souligne Erwan, enseignant en APA depuis deux ans à l’hôpital Simone Veil. « C’est un travail qui nécessite en amont de bien connaître les antécédents de la personne d’où l’importance d’échanger avec les équipes médicales. À partir de là, on va pouvoir mettre en place un programme d’activités adaptées répondant à la prescription. 

Programme sur prescription  

Complémentaire de la rééducation fonctionnelle proposée par les kinésithérapeutes, les séances d’APA repose sur un large panel de sports permettant de travailler l’endurance, le renforcement musculaire, les articulations, l’équilibre… « On adapte les activités au profil de la personne. Pour une personne ayant des problèmes pour marcher, on pourra proposer des séances d’ergocycle à bras. Pour les victimes de traumatismes ayant besoin d’un renforcement musculaire, on privilégiera la balnéo… ». Progressivement, l’APA essaime à l’hôpital. « Depuis peu, les EAPA interviennent également en diabétologie, en gériatrie, en addictologie et en psychiatrie. De plus en plus de services font appel aux enseignants en APA. La pratique se développe auprès de patients hospitalisés dans les services ou en HAD comme en hôpital de jour.Les médecins prennent conscience des bienfaits à la fois physiques et psychiques du sport sur le plan curatif », souligne Jennifer Côme, cadre de santé au sein de l’équipe transversale de rééducateurs au Pôle Médecines et Structures d’urgence.    


L’APA, outil de prévention en diabétologie

Depuis peu, le service de soins de suite et de réadaptation (SSR) en diabétologie de l’hôpital Simone Veil propose aux patients des séances d’APA. « L’activité physique joue un rôle essentiel dans l’apparition et l’équilibre du diabète. C’est l’un des piliers essentiels avec la diététique et les traitements médicamenteux. Pour autant, beaucoup de patients ont encore du mal à s’astreindre à une pratique régulière lorsqu’ils sortent du circuit hospitalier. Notre objectif est de les inciter à reprendre une activité en les initiant  lors de leur passage en SSR  à  des séances d’APA »,  souligne Karim Lachgar, le chef de service en endocrinologie et diabétologie de l’hôpital Simone Veil.    

 

Zoom sur : l’APA en gériatrie… du sport et bien plus

Depuis le 1er avril, un enseignant en APA intervient dans les 2 EHPAD de l’hôpital. 

Avec l’avancée en âge, les capacités physiques diminuent, accompagnées parfois d’une perte des capacités intellectuelles. Pour aider les personnes âgées à maintenir une santé physique et mentale optimale, la pratique d’une activité physique régulière peut s’avérer très utile. C’est pourquoi depuis le 1er avril, l’hôpital propose l’intervention d’un EAPA dans les 2 EHPAD de Montmorency. « Je travaille avec des groupes de 6 personnes constitués par niveau en fonction de leurs potentialités. Les activités vont porter principalement sur des jeux favorisant le renforcement musculaire, la motricité ou l’équilibre.  L’objectif est notamment de travailler sur le maintien de l’autonomie », explique Lancelot, l’EAPA spécialisé en gériatrie. Outre les inciter à pratiquer une activité physique, ces séances permettent également aux seniors de se retrouver de manière régulière autour d’un temps collectif d’échange. « Il y a un aspect social important lors de ces rendez-vous. C’est l’occasion de faire des rencontres, de parler et de s’amuser tout en travaillant leur santé physique et mentale ».