Ghislaine David, 4 missions humanitaires en Afrique

[Nos professionnels ont du talent]

Ghislaine David, cadre de santé - coordinatrice des secrétariats médicaux et responsable de la loge, de l’accueil et du standard est partie 4 fois en mission humanitaire ces 6 dernières années, aux côtés du Dr Elisabeth Auberger, chef du service d’anatomo-cytopathologie. Elle nous raconte.

Qu’est-ce qui vous a amené à partir en mission humanitaire ?
Le Groupe Franco-Africain d’Oncologie Pédiatrique a contacté le Dr Auberger en 2011 afin qu’elle monte une équipe en anatomopathologie pour se rendre en Afrique et y apporter des compétences médicales, techniques et biomédicales auprès des laboratoires locaux. Technicienne de laboratoire puis cadre en anatomo-cytopathologie, c’est tout naturellement que j’ai accepté de partir en mission à ses côtés.

Où se sont déroulées ces missions ?
Notre première mission s’est déroulée au Mali en 2011, nous sommes ensuite parties en Côte d’Ivoire en 2013 puis deux fois à Madagascar, en 2016 et 2018.

Quel est votre rôle sur place ?
L’objectif général de notre mission est d’améliorer le diagnostic des cancers pédiatriques pour pouvoir proposer une thérapie la plus ciblée possible. Pour cela, le Dr Auberger propose aux personnels sur place des formations médicales et de mon côté, je travaille en collaboration avec les techniciens de laboratoires pour des formations techniques et des conseils sur l’organisation du travail et la gestion des priorités.
Lorsque cela est possible, le GFAOP fait venir en France des médecins et techniciens pour se former pendant 1 ou 2 mois et ainsi acquérir de l’autonomie dans leur pratique.

Quelle est votre ressenti suite à ces missions ?
Au bout de 4 missions, le constat est globalement le même : le matériel, quand il existe, est défectueux et il manque les consommables comme l’alcool ou la paraffine, indispensables au travail de préparation des tissus avant analyse. « Il faut parfois réfléchir comme Mac Gyver ! ». Le peu de moyens financiers et de compétences techniques renforcent les difficultés rencontrées sur place.
Pour poursuivre ce travail, un comité anatomopathologie a vu le jour au sein du GFAOP. Ce comité, dont le Dr Auberger, est coordinatrice regroupe 15 anatomopathologistes d’Afrique Sub-Saharienne et du Maghreb. Les actions du comité pour cette année ont été axées sur la télémédecine, avec le déploiement de microscopes équipés. Les cas soumis en expertise ou en relecture selon les recommandations internationales sont adossés à la plateforme IPATH, réseau de télémédecine sécurisé, développé à l’Université de Bâle. La télépathologie est essentielle pour désenclaver la spécialité. Elle permet d’améliorer la qualité du diagnostic, et d’optimiser la prise en charge thérapeutique.
Personnellement, ces missions ont été pour moi une parenthèse qui permet de revenir à l’essentiel et de relativiser les problèmes. Il est vraiment passionnant de s’investir ainsi et d’être si bien accueillie sur place. Ce que je retiens tout particulièrement est le sentiment de se sentir réellement utile. « Je n’aurai jamais pensé faire de l’humanitaire car pour moi il n’existait que médecin sans frontière. Je sais aujourd’hui que même les vétérinaires partent en mission humanitaire ! »

Qu’est-ce que le Groupe Franco-Africain d’Oncologie Pédiatrique (GFAOP) ?
Il a pour but de développer la prise en charge du cancer de l’enfant en Afrique à travers plusieurs missions telles que l’aide à la mise en place d’unités de soins et de lieux d’accueil des familles, la formation du personnel médical et paramédical ou encore la mise au point de protocoles et l’envoi de médicaments pour les 5 types de cancers les plus fréquents en Afrique.