Naissance d’Anae ou l’ouverture d’une filière physiologique en maternité

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Depuis le mois de janvier, l’hôpital propose aux femmes enceintes une prise en charge plus naturelle de leur grossesse et de leur accouchement. Une offre novatrice que la maternité d’Eaubonne est aujourd’hui l’une des seules à proposer sur le département.

Engagé dans une démarche d’amélioration continue de son offre de soins, l’hôpital Simone Veil innove en ce début d’année avec la création d’une filière physiologique. Basée sur une prise en charge moinsmédicalisée de l’accouchement et plus respectueuse de la physiologie de la naissance, cette nouvelle filière, baptisée ANAE (accouchement naturel à Eaubonne), vise avant tout à répondre à une demande croissante des usagers. « De plus en plus d’usagers souhaitent bénéficier lors de la grossesse et de l’accouchement d’une prise en charge personnalisée et globalisée par des sages-femmes. C’est ce constat qui nous a amenés à réfléchir à la création d’une filière spécifique répondant à ces nouvelles attentes », souligne Marie-Hélène Renou, cadre sage-femme au pôle femme-enfant.  

 

Parcours de santé spécifique et suivi personnalisé

Destinée aux patientes ayant un risque obstétrical bas pendant la grossesse, la filière physiologique s’appuie sur un accompagnement personnalisé par les 3 sages-femmes de l’équipe, Catherine, Audrey et Anne-Marie. Des professionnelles expérimentées investies dans le projet depuis son lancement il y  a un an. Ce sont elles qui organisent le suivi de la grossesse et la préparation à la naissance, en fonction des demandes et du projet de naissance du couple. « Avec cette unité, nous souhaitons permettre aux femmes de devenir davantage actrice de leur grossesse en intégrant un parcours de santé spécifique,  efficace, efficient, moins médicalisé et centré sur un professionnel médical de santé, la sage-femme », explique Marie-Hélène Renou. Cette relation privilégiée et resserrée entre les futures parents et les sages-femmes s’accompagne également de méthodes douces de préparation à l’accouchement : méthode Bonapace, acupuncture, haptonomie… Le jour de l’accouchement l’une des sages-femmes référentes du couple est appelée, selon un planning d’astreintes, pour rejoindre le couple à la maternité et prendre en charge le suivi du travail et l’accouchement dans la salle de physiologie équipée notamment d’une baignoire, d’une banquette, de ballons et de barres de suspension. Elle assure également la surveillance du post partum immédiat. En cas de pathologie, la sage-femme et/ou la patiente peut décider à tout moment de passer dans la filière habituelle.

 

Un projet aux enjeux multiples

Outre mieux répondre aux attentes des futurs parents, la création de cette nouvelle filière s’inscrit également dans une démarche de santé publique. Plusieurs rapports ont en effet mis en évidence que le respect de la physiologie contribue à réduire les complications obstétricales iatrogènes (réduction du nombre de complications obstétricales comme l’hémorragie du post partum). Enfin, elle recouvre un enjeu économique en donnant une image plus attractive et novatrice de l’établissement vers les usagers.

En mars, une soixantaine de couples avait déjà fait une demande d’inclusion dans la filière. « Une vingtaine a été retenue, les autres demandes sont en cours d’étude. Nous devrions vivre les premiers accouchements en mai avec une montée progressive vers 15 naissances les mois suivants », se félicite la cadre sage-femme qui en prévoit à terme environ 300 par an, soit 9%  du nombre de naissances enregistrées par la maternité.